La culture selon… François Asselineau

Fondateur de l’Union Populaire Républicaine il y a tout juste dix ans, François Asselineau s’est progressivement imposé dans le paysage politique français par l’usage intensif d’internet et des réseaux sociaux. Dans la pensée de ce candidat atypique, le président de la République française n’a pas vocation à trancher sur des sujets autres que ceux strictement définis par la constitution, à savoir la souveraineté nationale et l’indépendance du pays.

C’est pourquoi sa ligne politique est essentiellement fondée sur le « Frexit », c’est-à-dire la sortie de l’Union européenne, la fin de l’euro et le retrait de l’OTAN. Sa conception des politiques culturelles, balayée rapidement dans son programme pour les élections législatives, trace les lignes d’UNE CULTURE DE LA FRANCOPHONIE, portée par des services publics performants.

François Asselineau ne propose aucun budget pour le ministère de la culture, sinon une vague augmentation des subventions pour la sauvegarde des monuments et des œuvres d’art.

Francophonie et Outre-Mer

Dans l’esprit de cette indépendance française qu’il défend, le candidat développe une approche originale, centrée sur la francophonie et les territoires d’Outre-Mer. Contre l’hégémonie américaine, il propose un renforcement de la francophonie dans le monde, notamment par la création d’un « Parlement de la francophonie » et par le développement de positions communes aux pays francophones dans des institutions internationales telles que l’ONU, le FMI ou l’OMC.

A la suite du « Frexit », fondement de tout son programme, les fonds précédemment versés à l’Union européenne seraient réorientés vers les États francophone. François Asselineau souhaite mettre en place

  • un « Erasmus de la francophonie »
  • un vaste programme de redynamisation des territoires d’Outre-Mer par
    • un programme d’échanges scolaires
    • la diffusion de programmes audiovisuels mettant en avant les phénomènes socio-culturels à l’œuvre dans les DOM-TOM et montrant la richesse de la diversité ethnique française.

Ces mesures concrètes sont accompagnées de plusieurs formules plutôt brumeuses : le candidat UPR parle de prendre l’île de la Réunion comme « modèle d’intégration sociale », souhaite « affirmer » la diversité culturelle française à travers les arts et les pratiques ancestrales ou veut encore favoriser les relations avec les pays et régions avoisinants. Autant de déclarations principielles qui attendent leur explication pratique…

Primauté des services publics

Deuxième champ important pour la culture : l’importance des services publics.

Au programme, trois propositions concrètes et plutôt significatives :

  • la renationalisation de TF1, dont le cahier des charges sera changé pour « assurer la démocratie et l’élévation de la culture générale »,
  • une refonte du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel en Cour Supérieure de l’Audiovisuel, composée dès lors de magistrats,
  • et l’ouverture le dimanche des bibliothèques, des musées et des cinémas.

Ces mesures sont de nouveau accompagnées de certaines plus vagues

  • comme la retransmission, sur les médias publics, des œuvres et des informations provenant d’autres « civilisations » que celle américaine,
  • ou la diffusion d’une culture « humaniste », terme flou et aisément récupérable…

Éducation & Indépendance

Concernant l’éducation artistique, François Asselineau propose « d’assurer financièrement » l’accès aux lieux d’enseignement des arts et des sports, ainsi que la fréquentation des monuments emblématiques par les collégiens et lycéens. Le candidat ne dit cependant rien sur le coût et le financement de ces mesures.

L’obsession de l’indépendance revendiquée par François Asselineau traverse son appréhension du numérique… Concentré sur la protection des données, la surveillance et le logiciel libre, le candidat laisse totalement de côté les questions des droits d’auteurs et de la loi Hadopi.

Quant à la création, elle est tout simplement inexistante dans son programme, sinon à travers cette sentence vague, théorique et partielle : « Soutenir la création artistique française pour les films et les chansons ».

Conclusion

François Asselineau redessine à sa manière le clivage politique traditionnel, empruntant à la gauche sa vision des services publics et à la droite une conception patriotique des politiques culturelles, élargie à la diversité du monde francophone. Si l’importance qu’il accorde aux services publics est clairement développée dans son programme législatif, le candidat fait néanmoins l’impasse sur de nombreux sujets culturels de première importance. Focalisé sur son opposition à la culture américaine, François Asselineau omet ainsi la création, le numérique, le mécénat, l’intermittence ou encore les droits culturels – autant de sujets qui fondent aujourd’hui toute véritable politique culturelle, sérieuse et tournée vers l’avenir.

Retrouvez tous les épisodes de notre série :



« La culture selon… » est une série vidéo de Profession Spectacle, lancée en mars 2017. En 3 à 5mn, nous vous proposons de découvrir la vision culturelle de personnalités politiques, leurs déclarations, leur bilan…

Concept, design et réalisation : Maïlys Gelin et Maël Lucas.
Conseils : Pierre Monastier



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