Instant classique – 21 août 1813… 205 années jour pour jour. On a déjà passablement oublié ce pauvre Louis-Joseph-Ferdinand Hérold (1791-1833). C’est pourtant l’un des meilleurs compositeurs français de sa génération.

En 1812, il remporte le prix de Rome, où il passe l’année suivante, à la Villa Médicis. Il y compose une symphonie et un concerto pour piano, qui est le 4ème et-déjà- dernier. Pourquoi ? Parce qu’il se destine à l’opéra et ne veut pas qu’on sache qu’il écrit de la musique instrumentale. Il cachera donc ces partitions, le plus souvent écrites durant son séjour italien et qui resteront oubliées très longtemps: on les redécouvre à peine.

En août 1813, il écrit à sa mère : « Je viens de terminer un quatrième concerto pour jouer à Naples », où il s’installera après Rome car il a une santé fragile et il lui faut un climat clément. Joachim Murat, encore roi de Naples quelque temps, l’engagera pour enseigner le piano à ses filles, mais Louis-Joseph-Ferdinand Hérold, très mal accueilli par ses confrères napolitains, doit fuir au moment de la chute du bouillant maréchal.


Ce quatrième concerto est très atypique : très court (moins de quinze minutes), il n’est divisé qu’en deux mouvements. Croyez-moi, écoutez-le : vous prendrez conscience de la valeur de ce compositeur. En particulier dans le second mouvement, Rondo, une splendeur qui fait immédiatement penser à Franz Schubert, avec une mélodie merveilleuse qui ne vous quittera pas.

 

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »