23 décembre 1869 : chef-d’œuvre d’un météore

Publicité

Mort jeune, peu d’œuvres composées, jamais joué… Alexis de Castillon est l’un des regrets éternels de l’histoire de la musique. Il faut écouter son magnifique quatuor avec piano, créé voici 252 ans à Pau, pour comprendre la musique de météore français.

Eh non, celui-ci non plus vous ne le connaissez pas. Du moins beaucoup d’entre vous ne le connaissent pas. Vous avez des excuses ! On ne le joue pour ainsi dire jamais, et pour cause : mort brutalement d’un mauvais coup de froid à trente-quatre ans, il n’a pas écrit énormément de pièces. Alexis de Castillon est l’un des regrets éternels de l’histoire de la musique.

Ce fils d’une famille noble a refusé de devenir soldat pour être musicien. Il prend donc des cours avec des professeurs de renom : Victor Massé, puis César Franck à Paris en 1869. Il prend suffisamment d’importance dans la vie musicale pour devenir le premier secrétaire de la toute nouvelle Société nationale de musique, censée promouvoir les créations d’auteurs français (en réaction à la musique allemande… Il faut dire que c’est en 1871).

C’est de cette même année que date son magnifique quatuor avec piano, créé voici donc cent cinquante-deux ans tout juste à Pau. Castillon l’a terminé presque mois auparavant à Berlin (Yonne) chez sa sœur, devenue vicomtesse de Truchi. L’œuvre est dédiée au pianiste et compositeur russe Anton Rubinstein et elle est fort bien accueillie. Castillon, comme pour un quintette antérieur, s’y revendique plutôt de l’influence schumanienne, compositeur qui le fascine.

Si vous ne devez écouter qu’un seul morceau de ce quatuor, allez directement au troisième mouvement, marqué « larghetto, quasi marcia religiosa », page mémorable, qui paraît simple dans sa construction, mais profondément poignante. Une belle manière de rendre hommage à ce météore de la musique française.

Cédric MANUEL



Découvrez tous nos instants classiques :
Rubrique Éphéméride



 

Newsletter

Publicité

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.