À 19 ans, Franz Schubert termine sa cinquième symphonie, claire et lumineuse, qui marque la fin de son enfance. Un baume pour le cœur et pour l’âme, dont nous fêtons le 205e anniversaire aujourd’hui.

Ce 3 octobre 1816, Franz Schubert termine une nouvelle symphonie, sa cinquième. Il a dix-neuf ans et cette œuvre est différente des quatre autres qui l’ont précédée. D’abord, elle ne comporte ni cuivres, ni timbales. Ensuite, elle ne contient aucune des marques de la solennité que Schubert mettait dans les précédentes, et notamment dans la quatrième – surnommée assez improprement la « tragique ». En dix-neuf ans, Schubert a donc écrit cinq symphonies. Il lui reste douze ans à vivre et il n’en écrira que trois autres, dont une inachevée, sa plus célèbre.

Pour certains musicologues spécialistes du compositeur, Schubert est à une période charnière. Une partie de lui dit adieu à une autre. L’enfance se termine avec cette symphonie claire et lumineuse, sensible et innocente comme elle, mais bondissante et pleine d’optimisme dans l’avenir. Pauvre Schubert, s’il savait…

En l’écoutant, on pense à Haydn et à Mozart. C’est un baume pour le cœur et pour l’âme, mais vous le savez, je vous ai déjà souvent dit que Schubert est un ami pour tous les jours et les cahots de la vie. Il magnifie à nouveau son magistral sens mélodique pour nous faire passer par tous les sentiments, mais qui sont ici surtout positifs. On ne l’en remerciera jamais assez.

Comme tant d’autres œuvres de sa main, il n’en connaît pas la création publique, qui vient longtemps après sa disparition. Mais comme tant d’autres œuvres également, il y a fort à parier que cette symphonie a bien été jouée en privé, avec ses amis, puisque Schubert fait partie d’un orchestre amateur que dirige un certain Otto Hatwig. Schubert y joue de l’alto et son frère Ferdinand du violon ; les témoignages concordent pour dire qu’ils ont joué cette partition. On imagine leurs sourires complices après avoir découvert ce bijou gardé pour eux seuls, finalement comme les enfants qui cachent un trésor « rien que pour eux ».

En voici une interprétation un peu rapide, mais lumineuse et pleine de sensibilité. Normal puisqu’il s’agit de Claudio Abbado, ici avec l’orchestre de chambre d’Europe.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »