L’indemnisation du chômage pour les artistes au Japon

L’indemnisation du chômage pour les artistes au Japon
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Le système japonais est très semblable à la prise en charge des chercheurs d’emploi en France. Mais le monde des artistes reste quant à lui à la marge. Avec la pandémie, ils sont passés de la précarité à la misère… Si des aides ponctuelles ont été accordées, rien de structurel ne se profile à l’horizon.
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Le régime de l’intermittence est, on le sait, une exception française. Mais qu’en est-il dans les autres pays ? Nous vous proposons un petit tour à l’international au fil des semaines. Aujourd’hui : le Japon.


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Au Japon, le service d’aide à la recherche d’emploi mis en place par le gouvernement, l’équivalent en somme de notre Pôle emploi, se nomme de manière optimiste et encourageante Hello Work.

Comme souvent, l’assurance chômage japonaise, ou Koyō Hoken, ne couvre pas les travailleurs indépendants. Elle est donc réservée aux personnes salariées et qui ont pu cotiser au régime pendant au moins six mois au cours de l’année précédant le terme de leur emploi. Pour les salariés employés à temps partiel, il faut un minimum de vingt heures travaillées par semaine pour pouvoir bénéficier des allocations.

Les cotisations sont réparties entre le salarié, à hauteur de 0,3 % de son revenu brut, et l’employeur, pour 0,6 % de ce même revenu.

La période pendant laquelle le chercheur d’emploi peut percevoir des allocations dépend de la durée d’affiliation à l’assurance-chômage et de la nature du terme de son emploi. Comme en France, il y a un délai de carence de sept jours pour demander des allocations de chômage en cas de licenciement. En cas de cessation d’emploi volontaire, le délai est généralement de quatre-vingt-dix jours.

Les allocations chômage sont calculées en prenant la moyenne des revenus salariés au cours des 180 derniers jours de la période de cotisation. Les prestations représentent généralement entre 50 et 80 % du revenu quotidien moyen.

Le montant de l’allocation de base, Kihon Teate, ne peut pas être inférieur à 1 984 yens par jour (15,50 euros). Concernant le montant maximum payé par jour pour les travailleurs à temps plein, il varie entre 6 750 et 8 250 yens selon l’âge (chiffres de 2018), soit entre 52 et 65 euros.

La durée des prestations de chômage payables varie en fonction de votre tranche d’âge et va de 90 jours lorsque vous avez cotisé moins d’un an, et ce quel que soit votre âge, à 330 jours lorsque vous avez cotisé pendant plus de vingt ans et que vous avez entre quarante-cinq et cinquante-neuf ans.

Pour une raison qui nous échappe mais qui doit relever de raisons macro-économiques locales et peut-être pour inciter à la liquidation de la pension de retraite, il vaut mieux ne pas appartenir à la catégorie des plus de soixante ans, laquelle voit sa durée de prise en charge maximum réduite à 240 jours pour un plafond de 7 083 yens (55 euros).

En tout état de cause, le monde des artistes est en marge de ce système très semblable à la prise en charge des chercheurs d’emploi en France. En 2020, les professionnels du spectacle sont passés d’une situation économique précaire à tout simplement désastreuse, sans année blanche de l’intermittence pour les soutenir. À cette occasion, l’État japonais et les municipalités ont décidé de mettre en place des programmes d’aide financière en faveur des milieux artistiques et culturels. La liste des bénéficiaires annoncée était large et incluait artistes de rue, membres de compagnies de cirque, disc jockeys, comédiens, arrangeurs de fleurs, photographes, joueurs de go, etc. Ainsi, les musiciens et artistes indépendants à court de liquidités ont censément eu droit à jusqu’à 200 000 yens chacun (1 560 euros). Des groupes artistiques et culturels d’un maximum de vingt membres ont dû pouvoir recevoir jusqu’à 1,5 million de yens (11 700 euros) pour acheter le matériel nécessaire à la poursuite de leurs activités.

Dans son billet du 11 juillet 2020 sur japanization.org, S. Barret s’interrogeait s’il fallait « attendre que le domaine de la culture soit au bord du précipice pour comprendre qu’elle symbolise aussi l’esprit d’une société » ? Et « d’espérer pour le Japon que l’aide à la Culture reste active après la fin de cette pandémie ». Peut-être sous la forme d’une assurance chômage plus accessible aux emplois par nature précaire ?

Julien MONNIER

Avocat au Barreau de Nantes

Retrouvez notre série sur l’indemnisation du chômage dans le monde :
1/ en Belgique
2/ en Italie
3/ en Allemagne et en Autriche
4/ au Royaume-Uni et en Irlande
5/ en Finlande, Suède et Norvège
6/ au Maroc
7/ en Argentine
8/ en Israël

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