Instant classique – 21 février 1836… 185 ans jour pour jour. En ce jour où nous fêtons l’anniversaire de Léo Delibes, nous vous proposons d’écouter un enregistrement rare de la première œuvre du compositeur (alors âgé de 20 ans) dont on a gardé la trace : une sympathique opérette, dans un style tout à fait offenbachien.

C’est dans le village au joli nom de Saint-Germain-du-Val – aujourd’hui absorbé par la petite ville de La Flèche dans la Sarthe – que naît Clément Philibert Léo Delibes voici cent quatre-vingt-cinq ans aujourd’hui (il ne gardera que son troisième prénom, sans doute plus propice à la scène).

Il est le fils d’un postier qui meurt prématurément, le laissant seul avec sa mère, Élisabeth Clémence Batiste, fille d’un ancien haute-contre qui chante à la Cour de Napoléon. Musicienne elle-même, elle est la demi-sœur d’un organiste, Antoine Édouard Batiste, qui tient lieu de père de substitution pour le jeune Clément et qui finance ses études musicales. Delibes ne tombe pas mal, puisqu’au conservatoire de Paris, le jeune homme a Adolphe Adam comme professeur. Premier prix de solfège, il est engagé à dix-neuf ans comme accompagnateur au Théâtre-Lyrique avant de lancer sa carrière de compositeur, d’abord d’opérettes tout à fait proches de celles de Jacques Offenbach, dont il devient d’ailleurs un proche et un fidèle.

Avant de composer son principal chef-d’œuvre, Lakmé, en 1883, il compose ainsi plus d’une vingtaine d’opéras comiques, d’opérettes, de farces, etc., mais aussi de ballets, dont Coppelia et Sylvia, qui restent très joués aujourd’hui encore.

Ses toutes premières compositions, perdues, sont déjà des opérettes aux noms évocateurs : La princesse Ravigote, Le Don Juan suisse, Le roi des montagnes ou encore Deux sous de charbon ou le suicide de bigorneau… En 1856, à vingt ans, il présente une nouvelle opérette, Deux vieilles gardes, aux Bouffes-Parisiens, chez Offenbach, dans la salle Lacaze – qui se trouvait au carré Marigny sur les Champs-Élysées.

Miracle de YouTube, figurez-vous qu’il en existe de larges extraits enregistrés voici quarante ou cinquante ans par ce qui était alors l’ORTF. C’est la première œuvre de Delibes dont on trouve ainsi une trace. Tout en notant un style tout à fait offenbachien, on peut entendre un enregistrement délicieusement suranné (mais quand même très suranné). On oublie trop souvent Delibes, alors ne boudons pas notre plaisir…

Cédric MANUEL



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