ESS & Culture (6) – Christelle Neau de la CRESS Nouvelle-Aquitaine : un ESSPRESSO culturel… What else ?

Titulaire d’un master en ingénierie d’animation territoriale, Christelle Neau a notamment exercé les fonctions de coordinatrice de projets pour Les Petits Débrouillards Aquitaine (2005-2011) et de directrice du centre culturel Les Tourelles (2011-2013), avant de rejoindre en 2015 la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) de la région Aquitaine, puis Nouvelle-Aquitaine, en tant qu’animatrice territoriale.

Le 14 novembre dernier, le Labo de l’ESS organisait une première rencontre publique autour des questions culturelles. Près d’une dizaine d’intervenants – universitaires, acteurs locaux, conseillers culturels – se sont succédé tout au long de l’après-midi, pour apporter leur éclairage propre à cette problématique spécifique. Profession Spectacle s’en fait l’écho, sans (encore) commenter, par la publication d’une série de retranscriptions des différentes interventions.

[Extraits de son intervention]

L’animation territoriale est la posture qu’avait historiquement choisie la CRESS Aquitaine, qui a été reprise dans le projet de la CRESS Nouvelle-Aquitaine. Elle vise à intervenir sur les territoires en étant présents, sans être physiquement présents, puisque nous sommes une toute petite équipe pour une très grande région. L’idée est de pouvoir accompagner et soutenir les acteurs dans le cadre de nos missions, et notamment sur le développement économique et la formation.

La place de la culture au sein du CRESS

Nous n’avons pas vocation à répondre aux acteurs culturels plus qu’aux acteurs sportifs ou relevant d’autres secteurs d’activités. Nous ne sommes pas des spécialistes de la culture ; nous ne cherchons pas à le devenir. En revanche, nous sommes des spécialistes identifiés des manières d’accompagner, de co-construire et de travailler sur les territoires.

En ce sens, nous essayons, dans le cadre de nos missions et au regard de ce que font aussi les réseaux de la culture, de répondre aux sollicitations et de faire en sorte qu’il y ait une réponse qui se construise collectivement. Nous avons ainsi été sollicités par nos adhérents pour une première action qui s’est déroulée en septembre et qui, chemin faisant, fait des petits, mobilisant beaucoup d’acteurs.

Création des ESSPRESSO

Les ESSPRESSO sont des rencontres d’affaires qui visent à mettre en présence les acteurs de l’économie sociale et solidaire et les acteurs de l’économie classique, dans le but de favoriser les réseaux, de développer des partenariats, l’interconnaissance et l’activité économique.

C’est un outil qui existe depuis plusieurs années ; il est issu de l’ancienne région Poitou-Charentes. La spécificité de celui qui a été mis en place en septembre dernier, c’est précisément d’avoir été thématisé, à la demande d’un de nos adhérents, Aquitaine culture. L’enjeu était de saisir les acteurs de la culture et les accompagner sur le fait d’entreprendre, d’assumer la nécessité économique de l’activité et d’aller à la rencontre d’autres acteurs, de la culture, de l’ESS, etc. Il y a une réponse très importante des acteurs culturels, avec plus de cinquante participants sur une matinée et une représentation territoriale intéressante.

Pertinence d’inclure le secteur culturel dans le champ de l’ESS

Je crois que la question de l’entreprise sociale se pose avec les associations de manière générale, d’autant plus quand elle est culturelle, parce qu’il y a des questions de militantisme, d’appartenance… Pour nous, c’est intéressant de pouvoir le développer, parce qu’il y a des questions communes, des problématiques qui se posent à l’ESS comme à tous les acteurs culturels. C’est important de prendre en compte le fait qu’on est bien un acteur économique, pour pouvoir développer son activité et la pérenniser.

Ce qui ressort de l’ESSPRESSO, c’est une forte représentation des structures de l’accompagnement, par rapport à ce qui relève du secteur culturel proprement dit : compagnies, salles… Cette surreprésentation fait partie des déceptions pour les acteurs qui se revendiquent plus de la culture, de la création, de la diffusion.

Par ailleurs, nous avons mis en place un groupe de réflexion sur la thématique « culture et ESS », dans le prolongement de l’ESSPRESSO. Nous en sommes aux balbutiements et allons essayer de définir les besoins des structures qui nous ont sollicités. Parmi les besoins ressort la nécessité d’un accompagnement davantage centré sur la structuration économique, les modèles qui existent, l’hybridation des ressources, l’origine des financements…

À ce besoin s’ajoute une volonté que nous avons ressentie lors de la rencontre, celle de la part des acteurs culturels de se rencontrer aussi entre eux, afin de dépasser les champs et de croiser les secteurs.

Propos retranscrits par Élodie NORTO et Pierre MONASTIER

Lire aussi :



ATELIER « ESS & CULTURE » AUX BIS DE NANTES : 18 JANVIER 2018 À 16H

Dans le cadre des BIS de Nantes, le 18 janvier prochain, Profession Spectacle organisera un atelier sur le thème : « Une économie sociale du spectacle est-elle possible ? » Il réunira :

  • Philippe Kaminski, ancien président de l’ADDES et actuel représentant en Europe du Réseau de l’Économie Sociale et Solidaire de Côte d’Ivoire (RIESS)
  • Bernard Latarjet, conseiller culturel, auteur d’un rapport sur ESS & Culture pour la Fondation Crédit Coopératif
  • Stéphanie Thomas, présidente de l’Ufisc

Atelier modéré par Pierre Monastier, rédacteur en chef de Profession Spectacle.



 

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