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ESS & Culture (3) – Colin Lemaitre : l’expérience du cluster Culture & Coopération

ESS & Culture (3) – Colin Lemaitre : l’expérience du cluster Culture & Coopération
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Après avoir successivement présidé les 3C et le FIL – Scène de musiques actuelles, Colin Lemaître cofonde en 2010 l’association cluster Culture & Coopération, à Saint-Étienne. Inscrite dans la dynamique des Pôles Territoriaux de Coopération Économiques (PTCE) et lauréate du premier appel à projets national & interministériel pour le soutien aux PTCE en 2014, l’association se transforme en SCIC SAS début 2015. Colin Lemaitre vient de fonder, en octobre dernier, 360 DEMAIN, agence de design social basée à Saint-Étienne.

Le 14 novembre dernier, le Labo de l’ESS organisait une première rencontre publique autour des questions culturelles. Près d’une dizaine d’intervenants – universitaires, acteurs locaux, conseillers culturels – se sont succédé tout au long de l’après-midi, pour apporter leur éclairage propre à cette problématique spécifique. Profession Spectacle s’en fait l’écho, sans (encore) commenter, par la publication d’une série de retranscriptions des différentes interventions. Nous publions ci-dessous des extraits de l’intervention de Colin Lemaitre.

Naissance du PTCE Culture & Coopération

J’ai été confondateur de Culture & Coopération, un pôle implanté à Saint-Étienne, de 2010 à 2016. Son histoire n’est pas celle d’une inscription dans un dispositif que serait le PTCE, mais plutôt de sa participation à une dynamique qui est née au Labo de l’ESS en 2010.

Qu’est-ce qu’un PTCE ? C’est finalement le fait d’avoir identifié, au début des années 2010, des initiatives regroupant, sur les territoires, des acteurs de l’économie sociale et solidaire : des entreprises classiques s’associaient avec le monde universitaire, les collectivités locales, des acteurs de la formation… Ensemble, ils décidaient de travailler à leur développement conjoint, dans un mécanisme de coopération. Un peu à l’image des clusters et des pôles de compétitivité, sauf que l’objectif n’était pas seulement le développement économique, mais également l’ancrage local, le développement durable, sur leurs territoires, de leurs emplois et de leurs impacts respectifs.

En 2010, on a créé à Saint-Étienne l’association Culture & Coopération, après dix années d’histoire entre acteurs culturels, dont j’étais puisque je gérais alors une coopérative ; nous avons décidé de formaliser cette manière d’œuvrer ensemble, en nous inspirant de ce que l’on appelait les clusters d’entreprises qui, dès 2011, participent avec le Labo à l’élaboration de la démarche et à la conceptualisation de ces PTCE.

Deux axes majeurs : la mutualisation et l’innovation

De 2010 à 2016, l’essentiel de notre travail s’est orientée, pour simplifier, autour de deux grands axes.

Le premier relève de la mutualisation. Dans nos histoires de pôles, on cherche aussi à gagner en ressources, à partager certains coûts, à gagner parfois en performances, en productivité… L’une des premières actions de Culture & Coopération a par exemple été de mutualiser des emplois. Donc on n’est pas nécessairement sur une coopération culturelle ou artistique, parce que ces coopération culturelles et artistiques, cela fait belle lurette qu’on sait les mener et procéder en dehors d’outils comme les PTCE.

Le deuxième axe, qui me paraît être véritablement la colonne vertébrale des pôles, est celui de l’innovation. Dès 2012, nous avons mis en place une espèce de laboratoire, un dispositif de recherche et de développement pour nos adhérents : des acteurs culturels, une salle de musique, un cinéma art et essai, une compagnie d’arts de la rue… L’objectif n’était pas d’innover dans nos pratiques, mais d’aller chercher de la transversalité. On proposait des formats d’innovation, où le monde culturel du territoire allait se frotter au monde de l’entreprise, de la robotique, au monde de l’enseignement supérieur sur des questions plus technologiques. De ces labos naissaient des nouvelles collaborations transsectorielles, et pas uniquement dans le secteur de la culture, ce qui me semble vraiment important.

Organisation de la gouvernance

Il y a toujours, dans l’histoire de la plupart des pôles – nous l’avons vécu pendant les années 2000 à Saint-Étienne –, une bonne décennie de coopérations informelles entre les acteurs. C’est l’âge d’or des collaborations, quand elles se situent encore dans le domaine du militantisme, de l’informel, des temps creux et longs. On se faisait de bonnes bouffes le soir ; c’est autour de la table que se jouaient des projets de collaborations de fond, sur l’urbanisme, le bénévolat, etc. Cette élaboration collective de projets donnait ensuite lieu à la recherche de moyens et au pilotage d’actions concrètes. Il y a toujours ce temps-là de construction du collectif.

À la création en 2010, il a fallu à un moment formaliser la démarche. Nous sommes entrés dans une démarche associative, à ceci près que, pendant les premières années de Culture & Coopération, quand on était encore dans le ventre mou du regard institutionnel, nous nous sommes permis une gouvernance très horizontale : un comité de pilotage réunissait tous les membres de ce collectif et qui, tous les six à sept semaines, passaient une journée pour faire une revue de projets.

Propos retranscrits par Élodie NORTO et Pierre MONASTIER

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ATELIER « ESS & CULTURE » AUX BIS DE NANTES : 18 JANVIER 2018 À 16H

Dans le cadre des BIS de Nantes, le 18 janvier prochain, Profession Spectacle organisera un atelier sur le thème : « Une économie sociale du spectacle est-elle possible ? » Il réunira :

  • Philippe Kaminski, ancien président de l’ADDES et actuel représentant en Europe du Réseau de l’Économie Sociale et Solidaire de Côte d’Ivoire (RIESS)
  • Bernard Latarjet, conseiller culturel, auteur d’un rapport sur ESS & Culture pour la Fondation Crédit Coopératif
  • Stéphanie Thomas, présidente de l’Ufisc

Atelier modéré par Pierre Monastier, rédacteur en chef de Profession Spectacle.



 

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