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ESS & Culture (4) – Frédéric Ménard : La Coursive Boutaric a rendu vie à tout un quartier de Dijon

ESS & Culture (4) – Frédéric Ménard : La Coursive Boutaric a rendu vie à tout un quartier de Dijon
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Titulaire d’un master en développement culturel et direction de projet (université Lyon 2), Frédéric Ménard fonde, avec Romain Aparicio, Zutique productions en 1996. En 2010, Zutique productions rejoint, en concertation avec l’OPAC de Dijon, le quartier prioritaire des Grésilles pour créer La Coursive Boutaric, pôle de coopération d’entreprises créatives, labellisée PTCE par l’État. Frédéric Ménard enseigne parallèlement à la Burgundy School of Business et à l’université de Bourgogne.

Le 14 novembre dernier, le Labo de l’ESS organisait une première rencontre publique autour des questions culturelles. Près d’une dizaine d’intervenants – universitaires, acteurs locaux, conseillers culturels – se sont succédé tout au long de l’après-midi, pour apporter leur éclairage propre à cette problématique spécifique. Profession Spectacle s’en fait l’écho, sans (encore) commenter, par la publication d’une série de retranscriptions des différentes interventions.

[Extraits de son intervention]

Le choix d’une implantation dans un quartier prioritaire

La construction de ce projet est née à la suite de la rencontre improbable d’un acteur culturel et d’un bailleur social. Avant de créer cette Coursive, je dirigeais une entreprise culturelle dans le secteur musical, avec un pan d’activités important consacrées à l’action culturelle. C’est par ce biais que j’ai rencontré Jean-Claude Girard, qui était alors le directeur général de Dijon Habitat, le principal bailleur de l’agglomération dijonnaise.

On voulait se rapprocher d’un quartier prioritaire pour mener des projets d’action culturelle. Nous avons fait le choix de nous implanter dans une barre de logements sociaux qui était à moitié vide. De là est parti tout un projet de pôle de coopération qui regroupe maintenant 23 entreprises, 70 salariés et 5 salariés mutualisés.

Pourquoi ce nom de Coursive Boutaric ? Nous avons voulu reprendre un certain nombre d’éléments du quartier des Grésilles : le nom de notre immeuble s’appelle Boutaric. Il fallait qu’il ait du sens pour les habitants, qu’ils comprennent que c’est une structure qui appartient au quartier. La Coursive est un mode d’organisation architecturale de ces grands ensembles, des années 50 à 70.

Nous ne sommes pas tous dans l’immeuble ; certaines structures sont, quant à elles, dans l’agglomération. Actuellement, ces 23 structures obéissent à des modèles juridiques différents, de l’établissement public (SMAC) à l’entreprise. Beaucoup de domaines sont couverts : le design, le jeu vidéo, l’audiovisuel, le graphisme, la musique contemporaine… Tout un panel d’activités pluridisciplinaires.

Modes de coopération entre les membres du pôle

Il y a tout d’abord la mutualisation des compétences, pour savoir comment faire telle chose, comment remplir tel dossier… Il y a également la solidarité financière : certaines structures se prêtent de l’argent pour faire face à des difficultés, souvent par rapport à des commandes ou des collectivités qui payent très tardivement.

Nous organisons aussi des formations pour nos membres, sur la gestion d’une entreprise qui porte le projet artistique, sur les stratégies de développement, sur les business modèles… Nombre de formations sont développées avec la Burgundy School of Business, qui est l’un de nos partenaires phares.

Nous avons des groupes de travail, notamment sur le développement d’une offre commerciale mutualisée. Parmi les 70 salariés, nous avons identifié 25 chefs de projet. Nous nous positionnons sur des marchés publics, en allant rechercher les compétences dans les différentes structures, de manière à porter des ressources alternatives aux subventions pour les entreprises du pôle.

Modes de coopération extérieure

Beaucoup de coopérations sont ancrées dans le quartier dans lequel nous sommes implantés. Outre les projets qui s’y développent, nous avons créé un autre dispositif, totalement informel : le collectif Grésilles culture. Initié par La Coursive Boutaric, il réunit maintenant toutes les structures culturelles, socio-médicales, préventives, etc., de manière à développer une offre socio-culturelle construite collectivement.

Il y a enfin une autre coopération, à l’échelle de la grande région, née de la fusion de la Bourgogne et de la Franche-Comté. Notre projet essaime : nous venons de nous implanter à Besançon. Nous sommes installés dans un quartier populaire de la ville et développons un lieu consacré à l’accompagnement des entrepreneurs culturels – c’est-à-dire un lieu de travail collaboratif, un « showroom »… À terme, l’idée est de requalifier une quinzaine de cellules commerciales vacantes en des espaces pour des artistes ou des professionnels du secteur culturel et créatif.

Une dynamique

Aujourd’hui, l’immeuble est totalement plein. Nous travaillons à un nouveau projet immobilier, parce que le grand Dijon a rénové un cœur de quartier. De la même manière, ce sont des cellules commerciales vides à 80 % depuis trois ans ; ils nous ont demandé de quitter l’immeuble pour habiter ce nouveau cœur de quartier. Nous travaillons avec Dijon Habitat sur une plate-forme de 500m2 où transvaser La Coursive Boutaric et ses membres, pour relancer une dynamique dans un quartier qui a besoin de retrouver une attractivité.

Question de Hugues Sibille – Est-ce que les gens de l’agglomération vous regardent comme appartenant à l’économie sociale et solidaire ?

C’est un peu compliqué avec les services de développement économique du grand Dijon. En revanche, à Besançon, on est vraiment considéré comme un secteur économique à part entière, dans le sens où l’ensemble du projet que l’on porte est suivi par le service de développement économique du grand Besançon. Nous sommes plus en lien avec les acteurs du secteur économique de la collectivité qu’avec ceux du service culturel.

Propos retranscrits par Élodie NORTO et Pierre MONASTIER

Lire aussi :



ATELIER « ESS & CULTURE » AUX BIS DE NANTES : 18 JANVIER 2018 À 16H

Dans le cadre des BIS de Nantes, le 18 janvier prochain, Profession Spectacle organisera un atelier sur le thème : « Une économie sociale du spectacle est-elle possible ? » Il réunira :

  • Philippe Kaminski, ancien président de l’ADDES et actuel représentant en Europe du Réseau de l’Économie Sociale et Solidaire de Côte d’Ivoire (RIESS)
  • Bernard Latarjet, conseiller culturel, auteur d’un rapport sur ESS & Culture pour la Fondation Crédit Coopératif
  • Stéphanie Thomas, présidente de l’Ufisc

Atelier modéré par Pierre Monastier, rédacteur en chef de Profession Spectacle.



 

 

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